Sophrodélène
Sophrologue à Longjumeau, Épinay sur Orge, Orsay et Paris-Saclay
Sophrologue à Longjumeau, Épinay sur Orge, Orsay et Paris-Saclay

Mes impressions après l'écoute de Grand Bien vous fasse sur la soprologie

Actualités

J’aime beaucoup cette émission. Et je ne peux m’empêcher de réagir suite à celle de lundi 18 février sur la sophrologie.

L’émission soulève des questions, met des doutes et est loin d’apporter toutes les réponses.

Illustration

Tout d'abord, parlons de l’image sensée illustrer l’émission…Elle montre une séance …. de méditation. Quel amalgame ! Quel dommage d’associer cette image de méditants, à une pratique qui est autre.

 

En cliquant sur l'image, vous accéderez au podcast de l'émission

Invités

Les 2 sophrologues invités sont issus de la même formation et enseignent tous les deux au CFSP. Pourquoi ne pas avoir invité un autre directeur d’école ? Un responsable de syndicat de professionnels ? Pourquoi une seule voix, un seul regard ?

Le débat est certes relancé grâce aux critiques de Thomas C. Durand, mais ses sources ne sont pas suffisamment diversifiées.

Histoire de la sophrologie et jargon

Thomas C. Durant cite des auteurs dont les idées et les concepts sont très critiquables et ne sont pas enseignés dans les écoles délivrant un titre RNCP (l’un parle de spiritualité, l’autre prétend que le cancer correspond à un trouble de conscience… !).

Inutile de préciser que je ne suis absolument pas d’accord avec ces auteurs.

Et j’aurais aimé que Thomas C. Durand cite d’autres auteurs, plus jeunes, issus d’autres formations et d’autres courants et qui se sont éloignés de la « sophrologie caycédienne ».

Car il me semble qu’il ne faut pas tout retenir, d’Alfonso Caycedo, créateur de la sophrologie, loin de là !

Caycedo

Pour décrire sa méthode, Caycedo invente un vocabulaire. C’est ce qui est fait dans toute nouvelle technique. Le monde du web et de l’informatique sont truffés de nouveaux mots. Cependant, le vocabulaire utilisé par Caycedo est, à mon avis, abscons,  il a hérité du  « Flower Power » de l’époque, et a une connotation philosophique ou spirituelle qu’il ne devrait pas avoir, connotation qui va s’amplifier dans les développements entrepris par Caycedo dans les années 80.

Il me semble évident que le vocabulaire de la sophrologie mériterait d’être revu.

Voilà pour la forme.

La sophrologie n’a rien de spirituelle

Dans les années 80, Caycedo, donc, continue à développer la sophrologie et la voit comme une « philosophie de vie », une « quête existentielle », et lui donne une dimension spirituelle. Il brouille les pistes des objectifs thérapeutiques. Caycedo crée sa fondation et sa marque « sophrologie caycédienne ».

De nombreux sophrologues se détachent de la « sophrologie caycédienne » afin de rester, dans une dimension purement thérapeutique.

Voilà pour le fond.

Catherine Aliotta et les protocoles d'accompagnement

Dans les années 2000 Catherine Aliotta, sophrologue, sent le besoin de structurer la pratique, grâce à des « protocoles d’accompagnement » où exercices et séances obéissent à une logique de progression. Elle développe donc une méthode d’accompagnement structurée avec objectif thérapeutique, durée déterminée, enchainement de séances cohérent. Elle crée également son école de formation, IFS Institut de Formation à la Sophrologie. Cette structuration de l’accompagnement manquait et sur le terrain et les sophrologues qui la pratiquent, observent son efficacité. Vivement critiques au début, d’autres écoles reprendront l’idée de Catherine Aliotta et apprendront à leurs élèves l’élaboration des « protocoles d’accompagnement ».

Histoire de la sophrologie -  Chambre Syndicale de la Sophrologie  

Histoire de la sophrologie – CFSP Centre de Formation des  Sophrologues Professionnels

Formations

Oui, il y a plus d’une centaine d’écoles, et il est difficile de faire le tri.

Tout d’abord,  les centres de formation sont là pour former … et pour être rentables. Alors évidemment, il y a des dérives, et c’est vrai dans tous les domaines de formation, pas seulement en sophrologie.

Le nombre d’heures d’enseignement est souvent évoqué pour justifier la qualité de la formation. Cependant, lorsque certaines écoles affichent le nombre d’heures de formation, elle y inclue, le travail personnel, et pour certaines, la pratique de la sophrologie pour soi-même, afin de travailler sur soi et mieux se positionner en tant que futur thérapeute.

S’il est INDISPENSABLE que le futur sophrologue ait fait un travail sur lui-même, je ne suis pas certaine que ce travail doit être fait dans le cadre de la formation.

Les étudiants en psychologie ont-ils des heures de suivi psychologique dans les universités ? Est-ce aux établissements de formation de prendre en partie en charge le propre accompagnement du thérapeute ?

Dans l’émission, Richard Esposito évoque les « États Généraux de la Sophrologie », mais ces états généraux n’ont pas rassemblé toutes les écoles (l’IFS en était absent par exemple) et malheureusement, les seuls critères de qualité retenus ont été le nombre d’heures de formation et le mode de formation (notamment présentiel). Quid du contenu de toutes ces formations ??? 

Le contenu des formations devrait être mis à plat et davantage homogénéisé, on peut néanmoins préférer les écoles habilitées à délivrer une certification  inscrite au Registre National des Certifications Professionnelles.

Les syndicats

Ils tentent de donner les règles, une déontologie au métier, ils aident à structurer le métier. Peu de travaux sont faits en commun. La compétition est rude entre syndicats.

Ils sont issus des écoles de formation. On retrouve donc les mêmes luttes de pouvoir.

Les groupes de recherche sont souvent initiés par les syndicats, et là encore, il y a trop peu de mise en commun et les participants sortent souvent des mêmes écoles.

Ces luttes de pouvoir affaiblissent la visibilité de la sophrologie dans le monde médical.

Le métier

On voit de tout…oui, car la profession n’est pas réglementée comme beaucoup de profession dans le domaine des thérapies alternatives et du bien-être. Et vous avez droit de fuir dès la première séance si le praticien ne correspond pas à vos attentes !

Les certifications peuvent être une indication sur le professionnalisme de votre sophrologue, mais l’examen associé à cette certification n’est pas identique d’une école à l’autre et n’a pas la même exigence d’une école à l’autre.

Parfois des sophrologues ont été formés à d’autres techniques (hypnose, TIPI, EFT…), qu’ils trouvent complémentaires et qu’ils peuvent juger plus pertinentes à un moment de votre suivi. Assurez-vous d’en être averti, et donnez votre accord avant de pratiquer une autre technique.

Vous devez connaître le nombre approximatif de séances que vous allez faire pour atteindre votre objectif que vous avez défini en début d’accompagnement. Le praticien doit vous inciter à vous entraîner (sinon ça ne fonctionne pas). Pour que les bénéfices de l’accompagnement perdurent votre praticien doit vous faire une séance dite de « clôture ». Votre praticien doit adapter les exercices à vos capacités physiques, vos centres d’intérêt… Il doit rester bienveillant et doit préserver la confidentialité de vos échanges. Tout cela est le minimum.

La Chambre Syndicale de la Sophrologie œuvre pour développer une norme AFNOR de « qualité de service en sophrologie ». Les travaux sont en cours. Le sujet n’a pas été abordé pendant l’émission. Dommage.  Peut-être est-ce parce que les invités n’adhèrent pas au même syndicat.

Le groupe de travail devrait réunir plusieurs professionnels d’horizon différents, espérons qu’enfin les gens influents dans le monde de la sophrologie se parlent et arrêtent de défendre uniquement leurs propres intérêts.

Conclusion

Héritage de la « sophrologie caycédienne », jargon, concurrence des écoles, luttes d’influence des syndicats, unicité des profils de formation des sophrologues dans les groupes de recherche contribuent à ternir l’image de la sophrologie, empêchent un vrai travail de cadrage, et freinent le développement d’une collaboration avec les médecins et les hôpitaux.

La clarification du vocabulaire, l’homogénéisation de la formation et le dialogue et la collaboration entre syndicats faciliteront l’écoute du monde médical.

Je suis profondément convaincue de l’efficacité de la sophrologie dans de nombreux domaines. Je suis également intimement convaincue que la sophrologie a sa place dans des prises en charge pluridisciplinaires.

Et j’observe, que les personnes que j’accompagne, arrivent à la première consultation, tristes, fatigués, en perte de confiance, souvent avec les larmes et repartent de la dernière consultation, avec le sourire et des projets plein la tête.

Alors, oui, j’en suis persuadée, la sophrologie, ça marche.


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